Aimé césaire : Volcan, arbre et laminaire

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L’Alliance Française de Bâle rend hommage à Aimé Césaire, célèbre poète martiniquais, né en 1913 et décédé en avril 2008 peu avant son 95ème anniversaire. La vie de Césaire est à l’image de son œuvre, un parcours engagé teinté d’humanisme. Il part dans sa jeunesse étudier à Paris au Lycée Louis Le grand, c’est là qu’il rencontrera le sénégalais Léopold Sédar Senghor. Ils créeront ensemble le journal l’Etudiant noir. C’est au sein de ce journal que Césaire forgera le concept qui définira sa pensée et son action tant littéraire que politique, « La Négritude ». Avec ce concept ils avaient comme  intention de lutter contre l’aliénation culturelle découlant de l’oppression du  système colonial français. Cette vision se traduira par la suite dans son œuvre avec son fameux manifeste Discours sur le colonialisme (1950).
            Après ses études à Paris, il retourne en Martinique en 1941. Il entame alors une double carrière d’écrivain et d’homme politique. Aimé Césaire était l’un de ces hommes pour qui l’art et la vie publique étaient inséparables. Cet homme de l’engagement se décrivait d’ailleurs tel un laminaire, cette algue qui s’accroche coûte que coûte aux rochers sous-marins des Caraïbes. Dans son œuvre éponyme Moi, Laminaire, il explique ainsi : « je  ne conçois pas que l’artiste puisse rester un spectateur indifférent, refusant de prendre une option. (…) Etre engagé, cela signifie, pour l’artiste, être inséré dans son contexte social, être la chair du peuple, vivre les problèmes de son pays avec intensité, et en rendre témoignage ».
Aimé Césaire fait partie de cette catégorie rare d’artistes qui à l’instar de Montaigne ou de Hugo ont  eu le courage de s’engager dans la chose politique et les problèmes de leur temps. Mais c’est aussi un homme de lettres. Comme l’explique Daniel Maximin, poète et romancier d’origine Guadeloupéenne et ami de longue date d’Aimé Césaire « c’est en définitive surtout la poésie qui constitue sa parole essentielle elle qui donne: la force de regarder demain. Ce que célèbre Senghor comme son : sillage de lumière en plein midi ». Daniel Maximin, qui a été maître de cérémonie lors de l’hommage aux obsèques nationales d’Aimé Césaire en avril 2008 à Fort-de-France. Il fut directeur littéraire aux éditions Présence Africaine et directeur régional des affaires culturelles  de Guadeloupe. Il fut chargé en 1997 de la mission interministérielle pour la célébration du 150ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage. Il est actuellement en poste au ministère de la Culture. D’abord connu pour sa trilogie romanesque, L’Isolé soleil(1981), Soufrières (1987) et L’Ile et une nuit (2002), il a aussi publié un recueil de poèmes : L’Invention des désirades (2000), un récit : Tu, c’est l’enfance (2004), 2004 et un essai: Les Fruits du cyclone : une géopolitique de la Caraïbe (2006).

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